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Dialogues intergénérationnels

Conférences

Les textes qui suivent sont des transcriptions d'enregistrement de conférences et non des textes d'auteurs. Des commentaires du président du Pont, M. Jean-Félix Chénier, suivent les biographies.



Claude Villeneuve
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Claude Villeneuve Claude Villeneuve est biologiste. Depuis plus de 30 ans, il partage sa carrière entre l'enseignement supérieur, la recherche et les travaux de terrain en sciences de l'environnement. Auteur de onze livres dont « Vivre les changements climatiques, réagir pour l’avenir » avec François Richard (Éditions Multimondes, 2007), il a reçu de nombreuses récompenses pour la qualité de son travail dont le titre de « scientifique de l’année 2001 » et membre du cercle des Phénix en Environnement. Il a été directeur de l'Institut européen pour le Conseil en environnement de Strasbourg (France) (1993-94) et rédacteur en chef de la revue ÉCODÉCISION (1994-97). Il a agi comme commissaire ou comme expert dans plusieurs consultations publiques. Il enseigne actuellement au département des sciences fondamentales de l’UQAC où il est responsable des programmes de cycles supérieurs en Éco-Conseil et directeur de la Chaire de recherche et d’intervention en Éco-Conseil. Il préside le Comité consultatif du Fonds environnement Desjardins depuis sa création et siège sur le comité scientifique du Consortium OURANOS et sur le comité scientifique de la revue Liaison Énergie francophonie de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie. Monsieur Villeneuve a reçu le prix argent des Prix canadiens de l’environnement dans la section changements climatiques le 5 juin 2006. Il a été nommé au cercle d’excellence des Universités du Québec le 30 août 2006.


Commentaire sur la conférence de M. Claude Villeneuve donnée le 23 septembre 2006

Claude Villeneuve, biologiste de l’Université du Québec à Chicoutimi, nous a entretenu du concept de développement durable et de ses implications intergénérationnelles. En faisant un bref historique du concept galvaudé de développement durable, il nous incite aussi à remettre en question le mythe de la croissance ininterrompue : « Le concept de développement durable vient surtout du rejet du modèle de développement à ce jour, dans lequel la dégradation de l’environnement est trop intense, les injustices et les inégalités sociales et géopolitiques sont trop flagrantes, la motivation et la compréhension des populations locales – des citoyens – sont trop négligés. Surtout, le mode de développement actuel ne donne pas les points de repère, les stimulations et le minimum de sécurité et de solidarité sans lesquels on ne peut plus percevoir la raison d’être et de se développer. » (di Castri 2003). D’une très belle façon, Claude Villeneuve est revenu à l’essence même de la pensée écologique : tout est question de respect, respect de l’autre, de notre environnement, de la nature, de ceux qui nous suivront…



Michel Venne
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Michel Venne Michel Venne est directeur général et cofondateur de l'Institut du Nouveau Monde (INM), organisme non partisan voué au renouvellement des idées et à l'animation des débats publics au Québec. L'INM organise chaque été une École de citoyenneté pour les jeunes, il préside à des dialogues entre citoyens et experts et propose plusieurs programmes destinés à la mobilisation des citoyens. Journaliste il a occupé au quotidien Le Devoir, de Montréal, de 1990 à 2006, les fonctions de correspondant parlementaire à l'Assemblée nationale, éditorialiste, directeur de l'information puis chroniqueur. La qualité de son travail journalistique a été reconnu par l'attribution du prix Judith-Jasmin (mention presse écrite) en 1993 et de la Bourse Michener en 1997. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages notamment Les Porteurs de liberté et a dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont 100 idées citoyennes pour un Québec en santé ; Jeunes et engagés et Justice, démocratie et prospérité - L'avenir du modèle québécois.


Commentaire sur la conférence de M. Michel Venne donnée le 25 septembre 2006

Il est revenu à Michel Venne d’amorcer véritablement ce cycle de conférences et il nous semble que l’intuition était bonne puisqu’il a débuté sa présentation en revenant sur le schéma classique de la communication : émetteur, récepteur, message, bruit… Les questions posées à chacun de nos conférenciers renvoyaient effectivement à ce schéma. M. Venne nous a entretenu des problèmes reliés aux émetteurs (la génération qui a effectué la Révolution tranquille et celle qui l’a traversée durant sa jeunesse) et aux récepteurs (les jeunes d’aujourd’hui). Tout en dénonçant le discours démobilisateur qui dit que « le Québec ne bouge pas », il en est arrivé à s’inquiéter de la véritable crise de leadership politique que vit le Québec de 2007.



Georges Leroux
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Georges Leroux Georges Leroux est un professeur émérite retraité de philosophie québécois spécialisé en philosophie ancienne. Il est considéré comme l'un des meilleurs hellénistes du Québec et enseigne actuellement au département de philosophie de l'Université du Québec à Montréal. Il est formé à l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal, où il a rédigé une thèse sur la métaphysique néoplatonicienne, et à l'École pratique des hautes études de Paris. Depuis 1969, il enseigne la philosophie ancienne à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié de nombreuses études sur la tradition platonicienne. Traducteur de Platon et de Plotin, son ouvrage le plus récent est une traduction de La République de Platon. Il est aussi un critique littéraire.

Il collabore à plusieurs magazines et journaux (le Devoir, notamment), en intervenant sur des questions de philosophie et d'esthétique. Il a été professeur invité dans plusieurs universités européennes, est correspondant canadien pour la Bibliographie de la philosophie de l'UNESCO et est membre de l'Académie des lettres du Québec. Il était un confident de Raymond Klibansky. Georges Leroux s'est fortement investi dans la conception du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) introduit par le renouveau pédagogique du ministère de l'Éducation du Québec depuis 2001. Il a fait partie d'un groupe d'experts qui conseillaient l'équipe de rédaction du programme ECR, a écrit un livre en faveur du cours, a participé à la commission Bouchard-Taylor qui a recommandé la promotion énergique de ce programme et a participé à titre d'expert à deux procès contre l'imposition du programme ECR, celui de Drummondville (école publique) et celui de Loyola (école privée). Il y a fait sienne explicitement la vision jacobine qui sous-tend l'imposition de ce programme : « Mais c’est parce que c’est une position jacobine. »

Traducteur de Platon et de Plotin, son livre le plus récent est une traduction de la République de Platon (Paris, Flammarion, deuxième édition revue et corrigée, 2004). En collaboration avec Jean-Marc Narbonne de l'Université Laval, il prépare actuellement une nouvelle édition des Ennéades de Plotin pour la collection des Universités de France (Paris, Les Belles-Lettres), projet qui vient de recevoir un important soutien du CRSH. Parallèlement à ces activités, il collabore à plusieurs revues et journaux, où il intervient sur des questions de philosophie et d'esthétique. Son plus récent travail publié dans ce domaine est une étude sur les Monuments de l'artiste Dominique Blain (Galerie, UQAM, 2004). Georges Leroux a été professeur invité dans plusieurs universités européennes. Il est correspondant canadien pour la Bibliographie de la Philosophie de l'Unesco et membre de l'Académie des Lettres du Québec.


Commentaire sur la conférence de M. Georges Leroux donnée le 4 decembre 2006

C’est à une défense du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse, cours pour lequel il a contribué à formuler le contenu, que Georges Leroux nous a convié. Sans être angélique à l’égard de ce nouveau cours, il croit que le choix fait par le gouvernement du Québec à la suite de l’abolition des commissions scolaires confessionnelles est judicieux, puisque nous nous ouvrons à la pluralité des modèles religieux sans abandonner le souci de la transmission de notre héritage judéo-chrétien.

Ce modèle unique en Occident selon lui, situe le Québec dans une voie mixte entre la voie républicaine française qui a évacué la dimension religieuse de l’espace public au profit de la « culture nationale française » et les sociétés protestantes qui ont majoritairement maintenu l’enseignement religieux à l’école. Selon Leroux, notre société ne veut plus du modèle confessionnel, elle a (pour le moment) renoncé au modèle laïc français et elle refuse le modèle communautarien qui est encore maintenu par les sociétés protestantes. Il juge d’ailleurs cette position favorablement. Dans une société sécularisée, le philosophe juge qu’il ne faut pas évacuer la dimension chrétienne de notre héritage culturel, il est au contraire de notre responsabilité d’assurer la continuité de ce legs, sans renoncer à la sécularisation, d’où l’expression de voie mixte employée précédemment pour illustrer la démarche québécoise en matière d’enseignement de la religion. En matière de transmission, notre responsabilité se situe selon lui davantage vers le présent et le futur qu’envers le passé.

Enfin, Leroux répond à quelques critiques qui croient qu’enseigner dans un même cours éthique et culture religieuse est une erreur. Il croit plutôt que ce qu’on s’apprête à faire va nous permettre non seulement de conserver une fidélité à nos héritages et un respect encore plus grand pour ce qui nous a été transmis, mais aussi de développer un réel enrichissement au contact des héritages des autres. Si nous évacuons la dimension chrétienne de notre héritage ou pire, si nous séparons la réflexion éthique de l’enseignement de la culture religieuse, nous ouvrons la porte selon lui à deux écueils : «Non seulement la majorité, blanche et francophone, ne se comprendra pas elle-même dans ses propres traditions, mais elle n’aura pas non plus le langage pour comprendre le regard que les autres portent sur elle».



Daniel Weinstock
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Daniel Weinstock Daniel Weinstock est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éthique et philosophie politique au Département de philosophie de l'Université de Montréal, où il est également un professeur titulaire. Il est le Directeur Fondateur du CRÉUM, le Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal. Auteur de près d'une centaine d'articles scientifiques, il a porté une attention particulière dans sa recherche aux conditions politiques permettant la gestion juste et équitable de la diversité culturelle et religieuse. Il rédige actuellement un ouvrage dans lequel il fera état de l'évolution des débats sur le multiculturalisme au Canada. M. Weinstock participe régulièrement aux débats de société, en tant que commentateur hautement sollicité par les médias, mais également en tant que membre de Commissions et de groupes d'enquête mandatés par différents paliers gouvernementaux. Il a été membre du Groupe de travail sur la place de la religion à l'école publique au Québec. Il a également été le premier Président du Comité d'éthique de la santé publique du Québec. Tout récemment, il a été membre du Comité conseil de la Commission consultative sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles au Québec.


Commentaire sur la conférence de M. Daniel Weinstock donnée le 14 février 2007

Le philosophe Daniel Weinstock a cherché à démontrer les difficultés sur lesquelles on risque de se buter lorsque l’on cherche à établir les balises d’une véritable éthique intergénérationnelle. Difficultés reliées à l’échelle de temps sur laquelle on établit cette éthique, mais aussi celles reliées aux besoins et préférences des êtres humains, qui varient avec les époques et les conditions sociales. Il a d’ailleurs noté comment la société contemporaine a rapidement fait basculer certains désirs (posséder une automobile ou la télévision) vers des besoins perçus comme essentiels. Sa réflexion ne propose pas de balises claires, mais soulève plusieurs questions sur lesquelles il faudrait toujours revenir lorsque nous cherchons à réfléchir sur la transmission.



Claude Montmarquette
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Claude Montmarquette Claude Montmarquette est bien connu de plusieurs générations d’étudiants, il est professeur titulaire au Département de sciences économiques de l’Université de Montréal, vice-président des groupes de recherche en ressources humaines et en économie expérimentale au CIRANO et membre élu de la Société Royale du Canada. Ses recherches sont axées sur les domaines suivants : attitudes vis-à-vis le risque et l’impatience, satisfaction et liberté des choix, fraude fiscale et neuroéconomie, décisions individuelles et de groupes. Titulaire d'un Ph.D. en économie de l'University of Chicago, Claude Montmarquette est reconnu comme un spécialiste de l'économie et de l'économétrie de l'éducation et du travail, de même que de l'économie des choix publics. Il est le précurseur de l'implantation de l'économie expérimentale au Québec.


Commentaire sur la conférence de M. Claude Montmarquette donnée le 5 mars 2007

L’économiste Claude Montmarquette dont les travaux et prises de position ont souvent eu des implications de type intergénérationnel propose dans ce livre un regard qui nous est apparu beaucoup plus nuancé que celui du Manifeste pour un Québec lucide dont il est signataire. En effet, tout en évoquant le credo de la droite : importance de la propriété privée et de la méfiance par rapport à l’interventionnisme étatique, il a affirmé sans ambiguïtés la nécessité de mesures tangibles favorisant l’égalité des chances dans la société. C’est à ce titre qu’il s’est porté défenseur de la politique de la petite enfance du Québec et qu’il propose ici un réaménagement du système fiscal qui assurerait un revenu minimum garanti pour tous mais ferait également émerger le coût réel de certains services (électricité, frais de scolarité, etc.). Il nous semble que son propos va au-delà de la traditionnelle opposition gauche/droite.



Gretta Chambers
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Gretta Chambers Gretta Chambers, originaire de Montréal, détient un baccalauréat en sciences politiques de l'Université McGill (1947). C'est par la traduction d'ouvrages et de traités politiques qu'elle pénètre le milieu journalistique. À partir de 1978, elle signe une chronique hebdomadaire dans «The Gazette», journal anglophone de Montréal affilié au groupe Southam. De 1977 à 1980, elle anime «The Editors», une émission hebdomadaire d'affaires publiques diffusée sur le réseau CFCF-12. Membre du comité de rédaction et journaliste au «Report Magazine», de 1977 à 1980, elle est également chroniqueur dans «The Regina Leader Post» et le «London Free Press» à partir de 1988. Elle collabore à l'occasion à «Langue et Société», à CBC Newsworld, et à la radio de CBC à titre de commentatrice politique. De 1978 à 1988, elle occupe le poste de gouverneur de l'Université McGill. En 1991, elle devient chancelière de cette institution d'enseignement, fonction qu'elle conserve jusqu'en 1999. Présidente des conseils d'administration de l'Institut de recherche de l'Université McGill et de l'hôpital de Montréal pour enfants, elle est également à la tête du groupe de travail sur le réseau scolaire anglophone du Québec, en 1992. Elle préside par la suite la Commission de l'éducation en langue anglaise auprès de la ministre de l'Éducation. Une des premières femmes journalistes de langue anglaise à s'intéresser au Québec francophone, elle tient toujours, à la fin du XXe siècle, une chronique hebdomadaire dans le journal «The Gazette». Elle est une pionnière du journalisme féminin au Canada. Honneurs : 1993 - Officier de l'Ordre national du Québec, 1994 - Membre de l'Ordre du Canada, 1995 - Membre des Grands Montréalais, 2000 - Compagnon de l'Ordre du Canada.

Commentaire sur la conférence de Mme Gretta Chambers donnée le 28 avril 2008

Gretta Chambers se demande à partir de nos questions « Quoi léguer? » Certainement pas nos préjugés, répond-elle, mais plutôt une ouverture envers autrui, un « monde ouvert », et elle entretient à cet effet un bel espoir lorsqu'elle observe les jeunes d'aujourd'hui.

Une des valeurs qu'il nous faut transmettre selon elle est l'éducation. Sur ce point elle souligne ses inquiétudes à propos du taux de décrochage scolaire au Québec et de la trop petite place que prend l'éducation comme valeur dans laquelle il vaut la peine d'investir au sein des familles québécoises. Comme si en rendant l'éducation accessible on en avait fait « un droit sans valeur ajoutée». Selon elle, la valeur de l'éducation doit être reliée à l'idée, au projet de « réussir sa vie ».

Mme Chambers évoque ensuite une nouvelle inquiétude reliée aux changements constants et rapides de notre société moderne. Ces changements engendrent selon elles des ruptures dans plusieurs domaines entre les générations. Alors qu'autrefois, l'organisation sociale inculquait un sens du devoir et de la responsabilité sociale aux individus, aujourd'hui, nous sommes moins en contact avec nos personnes âgées et nous glissons trop souvent vers un traitement déshumanisant de nos aînés.

C'est pourquoi Gretta Chambers insiste pour transmettre le respect de la condition humaine, de toutes les conditions. Il est inutile selon elle de chercher à transmettre des valeurs de comportement (comme la pudeur par exemple...), mais plutôt de chercher à transmettre une conscience sociale, un engagement social des individus.

Enfin, elle regrette que se soit estompé l'esprit positif de la Révolution tranquille. Selon elle, notre langue gagnerait à être défendue par un sentiment de fierté, de compréhension et d'assurance plutôt que par un sentiment de crainte ou par les seules lois... Elle souhaite que l'idée de la « corvée d'antan » puisse amorcer un retour dans notre société et que nous nous mettions à voir grand en investissant dans nos institutions culturelles et dans l'éducation.



Ghislaine Roquet
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Ghislaine Roquet Ghislaine Roquet, religieuse de la communauté des Sœurs de Sainte-Croix, était titulaire d'une classe de Philo II au Collège Basile-Moreau en 1960, à Ville Saint-Laurent, et également responsable du département des sciences humaines du Collège. Jean Lesage, premier ministre du Québec l'avait vue à la télévision à une émission avec André Laurendeau sur l'éducation et il suggéra sa nomination à Paul-Gérin-Lajoie, ministre de l'éducation, qui cherchait une personne du clergé pour siéger sur la Commission Parent. Ainsi, elle devint, presque malgré elle, membre de cette illustre Commission royale d'enquête sur l'enseignement. Elle a, par la suite, siégé à la Commission des droits de l'homme et du développement social de l'Assemblée générale des Nations Unies, en 1968, et travaillé au ministère de l'Éducation du Québec, à compter de 1971, comme responsable de la section Études et prospectives du service général des moyens d'enseignement. Elle fut nommée compagnon de l’Ordre du Canada en 1970, pour son travail sur l’éducation et elle est une des signataires du Rapport Parent qui a influencé l’éducation au Québec depuis sa sortie en 1963.


Commentaire sur la conférence de Mme Ghislaine Roquet donnée 13 novembre 2009

La magnifique conférence de Ghislaine Roquet aborde la question de la transmission en affirmant que pour transmettre des valeurs, il faut connaître nos sources... En revenant sur les pratiques d'enseignement au Québec des soixante dernières années, elle nous invite à considérer que « la langue n'est pas tout » ce qui constitue nos sources. Elle parle alors des valeurs d'appartenance et de durée à transmettre et souhaite que nous connaissions mieux nos propres sources – en les définissant et les affirmant – devant les nouveaux immigrants qui proviennent d'autres sources. Ceux-ci doivent connaître et s'approprier nos valeurs pour s'intégrer à notre culture en y apportant leur bagage.

Connaître nos sources, les définir et s'affirmer implique peut-être une révision de nos programmes d'histoire par une revalorisation de notre expérience historique : peuple d'aventuriers, de marins, de bâtisseurs, ayant un passé culturel riche, qu'il faut se garder de « gaspiller ».

D'autres valeurs à transmettre selon Mme Roquet : les valeurs d'intériorité spirituelle et intellectuelle, celles de la nécessité de la réflexion et de la concentration, si réfractaires à notre monde moderne... Et la responsabilité ! Nous assistons selon Mme Roquet à une crise de la responsabilité et de l'honnêteté. La crise économique et financière dans laquelle nous sommes plongés depuis 2008 en est l'illustration claire selon elle.

Enfin, pour réussir notre transmission, il nous faut commencer par l'éducation. Sans négliger le rôle fondamental des familles — les principales valeurs qu'elle souhaite transmettre lui ont été transmises par sa famille selon elle –, Ghislaine Roquet insiste aussi sur l'importance de l'école au sein de laquelle il faut que les élèves puissent trouver un « Maître », source de leurs passions pour la connaissance.



Jacques Légaré
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Jacques Légaré Professeur émérite de démographie à l’Université de Montréal et cochercheur au SEDAP (the Social and Economic Dimensions of an Aging Population Research Program), Jacques Légaré est aussi consultant auprès de la Population Activities Unit de la Commission économique pour l'Europe (Nations-Unies, Genève). À la suite de sa formation en mathématiques actuarielles, Jacques Légaré a été boursier du Population Council (New York) et de l’OCDE (Paris) pour ses études supérieures à l’Université de Paris où il a obtenu son doctorat en démographie. La majeure partie de sa carrière universitaire s’est déroulée à l’Université de Montréal, où il a été directeur du Département de démographie pendant 16 ans. Ses nombreuses publications se retrouvent dans ses principaux champs d’intérêt qui sont depuis plusieurs années le vieillissement des populations et la démographie historique du Québec ancien. À l’âge de 37 ans, il a été élu à la Société royale du Canada dont il a été plus tard le Secrétaire (1986-1989) et le Secrétaire pour les relations internationales (1990-1996). Plus récemment (2004-2006), il a été président du groupe de réflexion Le Pont entre les générations.

Commentaire sur l’exposé de M. Jacques Légaré donné le 25 novembre 2009

Jacques Légaré nous a présenté plusieurs graphiques portant sur l’évolution démographique du Québec durant le dernier siècle. Sa présentation illustre le fait que les grands changements sociaux sont directement reliés à la dynamique démographique d’une société.

À cet égard, le Québec est une société distincte en Amérique puisque son Babyboom et son Babybust ont été spectaculaires, plus marqués que les autres sociétés occidentales.

Le Québec s’illustre aussi sur le plan des unions libres et des naissances hors-mariage : il y en a plus au Québec que partout ailleurs en Occident.

Autre fait marquant : l’évolution démographique actuelle fait émerger deux Québec en un : un Québec métropolitain (Grande région de Montréal) où la diversité ethnique et religieuse est grande, où la croissance démographique est réelle, quoique moins marquée qu’ailleurs au Canada, en Ontario en particulier; et un Québec des régions où la croissance démographique est nulle, voire négative.

Chose certaine, l’avenir démographique (ce sont des prédictions) du Québec sera marqué par un vieillissement de la population, particulièrement en région. Les générations qui naissent aujourd’hui vivront sans doute jusqu’à 100 ans et la moitié de cette cohorte risque même de dépasser le cap du centenaire. La question soulevée par cette réalité touche l’état de santé de ces «nouveaux vieux»… Vivront-ils en santé ?

Reste que nos politiques sociales de demain et nos façons de les financer seront directement tributaires de cette réalité démographique complexe mais originale décrite par Jacques Légaré.


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